dimanche 1 mai 2016

Le meilleur poème


peinture de Andrey Remnev.


Le meilleur poème n’a pas encore été écrit
La plus belle maison n’a pas encore été dessinée
La montagne la plus haute n’a pas encore été vaincue
La rivière la plus folle n’a pas encore été enjambée

Ne t’inquiète pas, cœur chagrin, cœur timide,
Tout reste à faire
Car les plus grands travaux n’ont pas encore été commencés
Et la plus belle œuvre n’a pas été accomplie

Swami Prajnanpad

Accepter sans jugement, voilà la clé

peinture de Andrey Remnev


Accepter ce qui est sans jugement, voilà la clé.

« C’est ce qui est », comme si cela n’allait jamais être différent.

Tant que vous avez le désir que ce soit différent, vous réduisez votre aptitude à accepter complètement. Accepter complètement implique l’absence de jugement : cela est ce qui est, tel que c’est, parfait, ici et maintenant. Vous permettez alors à l’intelligence innée de votre moi humaniste d’être différente, si la différence est l’évolution du processus. Mais tant que vous voulez être différent, c’est que l’ego contrôle le processus ; alors le processus ne trouvera pas sa manière avec vous.
La vie ne nous donne pas toujours exactement ce que nous préférons, mais elle nous donne ce dont nous avons besoin pour être dans une relation optimale avec le Divin.

La seule chose que l’ego fera toujours, c’est de renforcer ses propres points de vue. Êtes-vous remplie de haine envers vous-même ou vous sentez-vous dévalorisée en tant que femme ? Si c’est le cas, vous allez attirer à vous un homme qui abusera de vous physiquement et qui aura beaucoup d’aventures. Il est stupéfiant de constater à quel point certaines personnes peuvent se rendre malades et n’arrivent pas à joindre les deux bouts, financièrement, alors que d’autres ne font apparemment rien et sont couvertes d’or. Cela ne concerne pas Dieu, mais l’ego. Enfant, nous développons une stratégie psychologique et nous orientons le monde de telle manière qu’il serve notre stratégie, littéralement.

Si nous acceptons ce qui est, sans jugement, il n’y a pas d’ego là-dedans. Ce qui est est, peu importe ce qu’on en pense. Ce qui est est. Alors la réalité devient un mécanisme de l’intelligence de la vie et de l’univers, au lieu d’être un mécanisme de l’ego.

Lee Lozowick
Le Réel tel quel

jeudi 28 avril 2016

Le coaching artistique, introduction



Le coaching artistique
peinture de Andrey Remnev.

Le coaching artistique, plus précisément le travail du jeu de l’acteur et sa mise en espace, est impossible à résumer, tant il part de la personne même du comédien, au moment précis de son projet, de sa démarche. La méthode, s’il y a, se fonde donc singulièrement sur le sujet, son besoin et la circonstance. Comment imposer un protocole à ce qui engage la personne dans son propre processus créatif. Nous partons donc du vide inhérent à toute création, sa gestation, processus avant tout féminin, intuitif, réceptif. Ensuite, le masculin imposera ses limites, indispensables à l’accomplissement. Le masculin et le féminin, paternel et maternel, harmonieusement intégrés, nous conduisent à nous-même, acteurs-créateurs de notre propre existence, spontanés et conscients, à l’aise et intègres dans toute circonstance. Il y a souvent nécessité d’une déconstruction des imitations, des inhibitions, des illusions, pour peu que nous ayons perdu notre expression authentique. Le travail consistera à libérer les tendances positives naturelles pour relancer les forces créatrices et de changement. L’espace sacré, protégé de la scène permet de se dévoiler sans se mettre en danger, d’expérimenter de nouvelles formes, de reconnecter avec des sub-personnalités jusqu’ici refoulées dans l’ombre, non admises car non conformes… L’acceptation inconditionnelle de ce qui advient dans cet espace de vulnérabilité (et aussi souvent de très grande énergie !) permet de dénicher et d’exposer de nouvelles possibilités de jeu, ou de relation. On peut y découvrir sa voix, enfermée jusqu’alors dans des imitations ou privée de souffle, redéployer des parties de son corps, etc. Il y a toujours au début du processus, une étape incontournable de mise au jour du refoulé, du caché, de ce qui apparaissait honteux, ridicule, etc… tout ce qui a fait barrage à la spontanéité de l’enfant, non pas en lui donnant de justes limites mais en y imposant un jugement castrateur. Tel acteur restera confiné dans des rôles de gentil garçon, telle comédienne sera dans l’impossibilité d’interpréter la séduction, etc. L’éventail des possibilités de rôles, du talent et du plaisir à incarner des personnages variés s’en trouve réduite à peau de chagrin ! Et la difficulté d’entrer dans telle relation avec nos partenaires nous obligera à surjouer, à encombrer notre jeu de trucs, à illustrer par des gadgets, des manipulations inutiles, usant de toutes les ficelles et techniques possibles pour cacher nos désarrois… Il faut bien un jour, voir que l’empereur est tout nu…

Le cheval du vent, sourire à la peur

Le cheval du vent, ou Lungta, en tibétain, c'est la galanterie, la bonne humeur, la dignité et la douceur réunies dans la personne du guerrier. C'est une certaine magie que l'on découvre lorsqu'on se connecte au principe de l'Ashé, de la confiance primordiale. Il provoque une étincelle et galvanise une énergie chez le guerrier, le transformant en personne presque surhumaine. Le maintien change. On commence effectivement à avoir l'air différent. On développe une force et une élégance immenses... On a le sentiment de mener vraiment sa vie, au sens le plus complet du terme. On n'a plus besoin d'un architecte ou d'un tailleur pour remodeler son monde. L'art du guerrier se raffine alors davantage : on devient un vrai guerrier.

Chögyam Trungpa/Sourire à la peur